Résine – Ane Riel

« Qu’une substance puisse ainsi guérir, tuer et préserver les corps était pour Jens Haarder un sujet de fascination. »

Résine - Ane Riel - Babelio

Titre : Résine

Auteure : Ane Riel

Genre : Roman noir – Suspense

Éditeur : Seuil

Prix : 20€

Nombre de pages : 302

Parution : 04 mars 2021

Résumé : « Une presqu’île, aux confins d’un pays du Nord. C’est là que vit la famille Haarder, dans un isolement total. Jens a hérité de son père la passion des arbres, et surtout du liquide précieux qui coule dans leurs veines – la résine, aux capacités de préservation étonnantes. Alors que le malheur ne cesse de frapper à la porte des Haarder, Jens, obsédé par l’idée de protéger sa famille contre le monde extérieur qui n’est pour lui que danger et hostilité, va peu à peu se barricader, bâtir autour de la maison une véritable forteresse, composée d’un capharnaüm d’objets trouvés ou mis au rebut, et séquestrer sa femme et sa fille. Du fond de la benne où il l’a confinée, Liv observe son père sombrer dans la folie – mais l’amour aveugle qu’elle lui porte va faire d’elle la complice de ses actes de plus en plus barbares, jusqu’au point de non-retour. »

Mon avis :

CW : deuil 

Dans une presqu’île, une famille vit recluse et cachée de tous : les Haarder ne sont définitivement pas comme toutes les autres familles.

Jens Haarder a hérité de son père, Silas, la fascination pour le travail du bois. Grâce à la menuiserie et au bricolage, la complicité père-fils de Silas et de Jens se renforce. Par conséquent, Jens devient, progressivement, passionné par les arbres et, surtout, par leur substance naturelle et collante appelée : « résine ». Il se passionne pour toutes ses vertus, tous ses bienfaits et, principalement, pour ses capacités de préservation étonnantes…

Au moment du décès de son père, quelque chose se brise en lui. Il grandit avec sa mère et rencontrera, par la suite, son épouse, Maria. Quelques années plus tard, les malheurs continuent à frapper, à de nombreuses reprises, à leur porte et Jens ressent le besoin vital de protéger sa famille, coûte que coûte. C’est alors que petit à petit, il sombre dans une obsession : celle de préserver sa famille.

En février, j’ai participé à une opération Masse Critique privilégiée avec Babelio et les Editions du Seuil. En toute sincérité, je ne pensais pas être retenue mais, finalement, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres ce roman intriguant.

Dans celui-ci, Ane Riel nous plonge dans un roman noir, au plein cœur d’un univers sombre et morbide ; regroupant le suspense, l’anomie et les insécurités.

Je ne sais pas comment vous désigner ce livre sans vous dire le terme « étrange ».

L’écriture de l’autrice nous immerge de manière brutale, fluide et captivante dans le roman et ce, dès la première phrase. Le rapport à la narration permet aux lecteur.ice.s de s’enfoncer, au fur et à mesure, dans cette famille énigmatique car l’auteure oscille entre un récit à la troisième et la première personne.

Cela rend cette histoire purement déstabilisante, surtout, lorsque l’on suit le point de vue de Liv. Et pour cause, nous suivons les moindres faits et gestes de cette famille, sous le regard d’une enfant. Son point de vue est rempli d’innocence et d’acceptation. Liv grandit dans la méfiance d’autrui mais elle porte une confiance aveugle envers son père, Jens. C’est une enfant facile qui aime passer du temps avec ce dernier. Elle apprend ainsi le secret des arbres, à cambrioler, à chasser ; tout en faisant l’école à la maison avec sa mère.

Au fil des pages, nous en apprenons un peu plus sur cette mystérieuse famille de menuisier qui préserve leur cocon familial. Leur passé, l’enfance de Jens, son deuil ou, encore, le présent nous permettent d’essayer de comprendre les motivations et le raisonnement de Jens.

En ce qui concerne l’intrigue, nous sentons que quelque chose cloche terriblement. Même si je la trouve assez prévisible, le récit et l’imaginaire décousu de la petite Liv nous perturbent et brouillent les pistes.

On ressent la pression psychologique de cet environnement glauque. Lors du récit, Liv nous dit que pour eux, mais surtout pour son père, la forêt est l’endroit le plus sûr de la terre. Là où ils peuvent respirer. Pourtant, en tant que lectrice, cette forêt est angoissante et oppressante. Peu à peu, elle nous prive d’oxygène.  

De cette manière, cette lecture m’a fait froid dans le dos ; l’ambiance qui y règne est déconcertante. Non pas par rapport au personnage de Jens mais plus par rapport au personnage de Liv. Cette petite fille est à la fois détachée et insouciante par tout ce qui l’entoure, parce qu’elle a grandi dans cette atmosphère particulière. De par son jeune âge, elle est innocente et elle ne sait pas discerner le Bien du Mal.

Malheureusement, je n’ai pas totalement accroché à ce roman. Je pense sincèrement qu’il me manquait un peu plus de développement au niveau de la psychologie de certains personnages. De plus, le fait que l’intrigue soit prévisible m’a un peu gâché le plaisir de la lecture. Néanmoins, avec les dernières phrases qui clôturent le roman, Ane Riel nous laisse complètement stupéfait…

Ce roman est assez court mais suffisant. Je ne peux vous en dire plus, de peur de vous en dévoiler trop. Ainsi, je terminerais en disant que c’est une lecture surprenante et inhabituelle. Je sais que de nombreux.ses lecteur.ice.s ont beaucoup aimé ce roman alors, n’oubliez pas que, comme d’habitude, il s’agit de mon humble avis. De ce fait, je vous invite à vous faire votre propre avis !

Quelques citations : 

« La chambre blanche était plongée dans l’obscurité quand mon père a tué ma grand-mère. J’étais là. Carl aussi était là, mais ils ne l’ont pas vu. C’était la veille de Noël, au matin. La neige commençait à tomber, mais nous n’aurions pas un vrai Noël blanc. »

« Pardonne-moi si ce que j’écris te paraît sans queue ni tête. Tu sais évoluer au milieu du désordre et tu comprendras peut-être tout. Peut-être même arriveras-tu à comprendre ton père.
Il faut que tu saches qu’il me tuera sans doute un jour. Je suis prête à l’accepter. Mais toi, le pourras-tu ? »

« PS : Je ne sais pas si je dois considérer notre vie comme un conte de fées ou comme un roman d’horreur. C’est peut-être les deux. J’espère que tu sauras entrevoir le conte de fées. »

« Cette nuit-là, Jens ne put s’endormir. Il se posait trop de questions. En fin de compte, les souches étaient peut-être des êtres humains plongés dans le sommeil. Des êtres trop fatigués pour se transformer en autre chose. »

« Petit à petit j’ai compris que l’obscurité ne parvenait plus à absorber la douleur. La douleur restait en nous. L’obscurité était pleine. Comme notre maison.
Peut-être que mon père s’en est-il rendu compte. Il devait souffrir dans l’obscurité, lui aussi. Mais il imaginait sûrement que ce n’était pas mon cas. J’aurais peut-être dû lui dire qu’il se trompait. »

L’autrice :

Ane Riel (@AuthorAneRiel) | Twitter
Source : photo de profil de l’autrice sur Twitter

Ane Riel est née au Danemark en 1971. Après des études d’histoire de l’art, elle entame une carrière d’auteure pour la jeunesse. En 2013, elle remporte le prix du meilleur premier thriller au Danemark. Elle atteint deux ans plus tard la reconnaissance internationale avec Résine, son premier livre publié en France, lauréat de nombreux prix dans les pays scandinaves, traduit dans une vingtaine de langues et déjà adapté au cinéma.

Réseaux sociaux de l’autrice : Twitter, Site de l’autrice

Réseaux sociaux de la maison d’édition : YoutubeTwitter, Site de la MEInstagramFacebook

Se procurer le roman : Librairies indépendantesFuret du nordFnacDecitreCulturaAmazon

Dites-moi, est-ce que ce roman vous tente ? 

Je remercie de nouveau Pierre, Babelio et les éditions du Seuil pour leur confiance !

Valériane, alias filledepapiers🤍


3 réflexions sur “Résine – Ane Riel

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