Le supplice de la Saint-Valentin – Jennifer Didi

« Je prends conscience que j’avais beau croire auparavant que j’étais une femme forte, entre les mains de ce malade, je ne suis qu’une poupée de chiffon. »

Le supplice de la Saint-Valentin

Titre : Le supplice de la Saint-Valentin

Auteure : Jennifer Didi

Genre : Dark Romance – Novella

Editeur : Evidence Editions, collection Enaé

Prix : 3.90€ en Ebooks et 8€ en poche

Nombre de pages : 74

Parution : 07 janvier 2022 (réédition)

Résumé : « À un mois de la Saint-Valentin, Delphine enrage de passer encore une fois cette fête seule. Alors qu’elle se balade en ville, elle est effrayée par un homme surgi de nulle part. Il s’agit du propriétaire d’une boutique de chocolats. Cet homme est beau mais dérangeant… Le lendemain, quand elle se réveille, Delphine réalise qu’elle n’est plus dans son appartement mais dans une maison totalement inconnue. Que s’est-il passé ? »

Mon avis :

TW : agressions, séquestration, kidnapping

Une Saint-Valentin pas comme les autres…

Un mois avant la Saint-Valentin…

Delphine, notre protagoniste, n’apprécie pas cette fête qui approche à grands pas et qu’elle estime purement commerciale… Enfin, ça, c’est ce qu’elle dit. Mais, en réalité, elle est tout bonnement jalouse du bonheur des autres. Tout simplement parce qu’elle n’a jamais pu passer la Saint-Valentin en compagnie d’une personne qui lui est chère.

Déambulant dans sa ville, Delphine, intriguée et d’humeur gourmande, décide de s’arrêter devant la devanture d’une chocolaterie. Au travers de la vitre, une ombre la surprend et elle chute. C’est ainsi que Delphine fait la rencontre de Mathieu. Un homme très séduisant, mais, étrangement, l’énergie qu’il dégage la dérange.

Et le hasard de cette simple rencontre anodine va virer au cauchemar, car les apparences sont parfois trompeuses…

« Je me suis dit que tu serais contente d’être belle pour moi. »

Et pour cause, le lendemain, lorsqu’elle se réveille. Delphine se trouve dans une maison inconnue, avec un étranger qui n’est personne d’autre que Mathieu. Plus aucun doute ne subsiste. Delphine a été droguée et kidnappée, lorsqu’elle était inconsciente. Maintenant, elle se retrouve séquestrée.

Ce n’est clairement pas le type de Saint-Valentin dont elle rêvait…

Alors, oui. Ce revirement de situation et le choix de la Dark Romance peuvent en choquer plus d’un. De ce fait, ouvrez grand votre esprit parce que je vais effectuer une bonne piqûre de rappel. Comme vous avez pu le constater la dark romance ou autrement appelée « romance interdite » aborde différents sujets assez difficiles dans le sens où ils peuvent être qualifiés de « problématiques » comme : l’enlèvement, le viol, la condition de la femme soumise, le BDSM (« bondage, discipline, sado-masochisme », désignant l’ensemble des pratiques sexuelles et contractuelles utilisant la douleur, la contrainte, l’humiliation érotique ou la mise en scène de divers fantasmes sexuels ; fondés sur un contrat entre deux parties : le dominant et le dominé) etc.

Pour ma part, j’apprécie de plus en plus la Dark Romance, surtout, quand les auteur.ice.s posent les bases du consentement, car cela ressemble plus à un kink (kinky sex ou sexualité tordue, est une sexualité qui se revendique « hors norme », par distinction de la sexualité dite « conventionnelle » et « socialement acceptable » ; en effet, elle regroupe des perversions, des vices et quelques « bizarreries »). Malheureusement, dans cette Dark Romance-ci, ce n’est pas tout à fait le cas. En effet, dès le début, Jennifer Didi fait le choix de partir sur un kidnapping, par conséquent et bien évidemment, le personnage féminin n’est pas consentant. Pourtant, tout au long de son enfermement et en dépit de sa posture délicate, Delphine ne subit aucune agression sexuelle ; je pense que cette légère différence est assez importante pour être notifiée. En parallèle, l’auteure développe un personnage masculin, malsain, aux tendances de serial killers.  

« Je crie, je hurle, je pleure, je le supplie d’arrêter mais les coups continuent de pleuvoir, jusqu’à ce que je finisse par m’évanouir, une nouvelle fois. »

Ce n’est donc pas étonnant de découvrir une Delphine pétrifiée, avec la peur de mourir qui lui tord les entrailles. Tout se déroule contre son gré. Cela m’a complètement figée, j’avais l’impression d’être à sa place, d’être prise au piège et dans l’incapacité de respirer correctement. Ces passages étaient durs à lire, notamment, parce que les épreuves psychologiques et physiques qu’elle vit sont bien décrites par l’autrice ; frôlant la limite du thriller psychologique, voire, du livre d’horreur.

Le personnage de Mathieu, lui, est singulier ; mêlant l’art du sadisme et de la manipulation. Il est en adoration face à Delphine et souhaite qu’elle lui éprouve de la gratitude. Ce dernier possède une emprise puissante sur elle et n’hésite pas à la faire passer pour la fautive, retournant ainsi la situation.

Malgré la douleur qui s’est infiltrée dans son corps, Delphine est prête coûte que coûte à sortir vivante de cet endroit. Son instinct de survie prend le dessus et elle décide de jouer le jeu. C’est grâce à cela que la novella avance ; on y suit donc la vie emprisonnée de Delphine et on en apprend un peu plus sur le passé et l’enfance de Mathieu.

Cependant, la solitude, l’enfermement et la remise en question tournent en boucle dans la tête de Delphine. Par conséquent, le syndrome de Stockholm s’immisce peu à peu, car Mathieu semble lunatique. Une fois, il est un monstre et, une autre fois, il est gentil et attentionné avec elle.

« Je sais que je suis ici par sa volonté et je n’oublie pas ce que j’ai enduré mais je dois malgré tout avouer que mon séquestreur est un homme charmant quand il ne manie pas le fouet. »

Au final, je dois avouer que je ne m’attendais absolument pas à ce genre de Dark Romance. Au début, j’ai été complètement déboussolée et je me suis demandée si j’avais bien compris l’enchaînement de l’histoire. Puis, la plume fluide de l’autrice m’a permis de m’immerger au plein cœur de cette novella, à tel point que je n’ai pas aperçu le nombre de pages diminuer.

Malgré tout, je ressors mitigée de cette histoire. Je pense que le fait qu’elle soit très courte n’a pas aidé. Il me manquait un développement psychologique des personnages et, peut-être, aussi, de certains événements. Toutefois, je comprends les avis positifs, car l’autrice arrive à nous transmettre des émotions diverses et variées, qui oscillent entre l’horreur et la compassion. Jennifer Didi arrive à nous retourner le cerveau. Nous nous retrouvons, comme Delphine, à questionner le « bon » et le « mauvais ». Remettant ainsi en question la morale générale, ainsi que la nôtre.

Pour terminer, je dois dire que j’ai été surprise de ne pas apercevoir la mention Dark Romance dans le roman ; cela pourrait éviter que certaines personnes ne se retrouvent, contre leur gré, face aux sujets difficiles et durs abordés dans le roman !

Si vous appréciez la bascule entre le thriller et la Dark Romance, n’hésitez pas et foncez, vous allez certainement adorer cette histoire ! Sinon, je vous la déconseille ; bien que cette dernière pourrait très bien vous initier à la Dark Romance « plus sombre ». Maintenant que vous êtes averti.e.s, c’est à vous de voir si vous pouvez lire et supporter ce genre de contenu…

Quelques citations supplémentaires :

« Je m’approche de la vitrine tout en tentant de ne pas trop baver devant toutes ces gourmandises quand, tout à coup, un visage vient se coller de l’autre côté. Je recule de surprise et finis par tomber sur les fesses. La clochette de la porte tinte alors que le visage qui m’a fait peur s’approche à nouveau de moi. Cette figure appartient à un homme qui semble immense. Il a une coupe à la Brad Pitt et des yeux d’un bleu limpide. Son regard se fait anxieux et je réalise qu’en plus de ne m’être pas encore relevée, je le scrute de haut en bas. Je sens mes joues devenir rouges de honte alors qu’il tend un bras vers moi. »

_

« — Merci.

C’est fou comme un petit mot peut être aussi difficile à prononcer quand il n’est pas pensé. Heureusement pour moi, le dingue qui me séquestre n’a pas l’air de s’en rendre compte. »

_

« — Mathieu, réponds à mes questions maintenant ! Qu’est-ce que je fais ici et qu’est-ce qu’il m’est arrivé ?

Il me regarde en souriant et me fait un clin d’œil. Il est taré ce type ou quoi ? J’étais chez moi hier soir, je me réveille dans cette maison que je ne connais pas et je ne sais même pas ce que je fais là.  »

L’autrice :

Jennifer Didi
©Babelio

Jennifer Didi est une romancière et chroniqueuse littéraire. Grande fan de littérature SFFF et de romans young-adult et New-adult, la lecture est devenue son métier. Lire, écrire, et profiter des ronrons de ses chats adorés sont ses principales occupations.

Elle est devenue chroniqueuse littéraire pour le site « Avenue de l’Horreur » en décembre 2013, puis elle a intégré l’équipe « Small Things » en mai 2014. De mars à juillet 2015, elle a fait des critiques de romances historiques et de livres young adult pour le blog « Un brin de Lecture ». Puis, elle s’est lancée dans l’écriture en octobre 2015 et son tout premier texte a été publié en juillet 2016. Elle a découvert très vite que l’inspiration vient plus facilement lorsque ses héroïnes souffrent ; c’est cruel mais c’est ainsi ! 

Réseaux sociales de l’auteure : Site de l’auteure, Facebook, Twitter

Réseaux sociaux de la maison d’édition : Site de la MEFacebookInstagramTwitterYoutube

Se procurer le roman : Furet du nordFnacDecitreBoutique de la MEAmazon

Dites-moi, est-ce que cette Dark Romance vous tente ?

Je remercie Jennifer et les éditions Evidence pour l’envoi de ce Service Presse numérique !

Valériane, alias filledepapiers🤍


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