Premières lignes #10

Ami.e.s lecteur.ice.s, bonjour/bonsoir, j’espère que vous allez bien !

Avant de vous partager les premières lignes de ce roman, je tenais à vous mentionner les sujets, à la fois forts et importants, qui composent ce livre. Cependant, ce sont des thématiques qui peuvent être jugées comme « déstabilisantes » pour certain.e.s lecteur.ice.s. En effet, l’autrice évoque : l’anxiété, la dépression, le deuil ou, encore, le suicide.

Premières lignes est un rendez-vous littéraire instauré par le blog Ma Lecturotèque.

Premières lignes :

« FINCH 

6e jour d’éveil 

Est-ce un bon jour pour mourir ?

Voilà ce que je me demande le matin quand je me lève. Et pendant ma troisième heure de cours, alors que je m’efforce de garder les yeux ouverts malgré M. Schroeder qui radote. Le soir, au dîner, en passant le plat de petits pois. La nuit, dans mon lit, lorsque je n’arrive pas à éteindre mon cerveau qui tourne à vide.

Est-ce le jour J ?

Et si ce n’est pas aujourd’hui… alors quand ?

Voilà ce que je me demande, perché sur un étroit parapet à vingt mètres au-dessus du sol. Je suis si haut que je suis pratiquement au ciel. Lorsque je baisse les yeux vers le sol, je vois le monde tournoyer. Je ferme les yeux, savourant cette sensation. Peut-être que, cette fois, je vais le faire – me laisser porter par les airs. Comme si je flottais dans une piscine, que je dérivais sans but précis jusqu’au néant.

Je ne me rappelle pas être monté ici. En fait, je ne me rappelle pas grand-chose avant dimanche, en tout cas, rien de ce qui s’est passé cet hiver. C’est chaque fois pareil – le vide, puis le réveil. Comme ce vieux bonhomme barbu, Rip Van Winkle. Je vais, je viens. On pourrait croire que je m’y suis habitué à force, mais là, c’était pire parce que je n’ai pas dormi pendant plusieurs jours voire même une semaine ou deux – je n’ai rien vu des fêtes, ni Thanksgiving ni Noël ni le Nouvel An. Je ne saurais dire ce qui était différent cette fois, sauf que, quand je me suis réveillé, je me sentais encore plus mort que d’habitude. Réveillé certes, mais complètement vidé, comme si on avait bu tout mon sang. Ça fait six jours que j’ai émergé, et c’est la première fois que je remets les pieds au lycée depuis le 14 novembre.

Quand je rouvre les yeux, le sol est toujours là, dur et inamovible. Je suis perché en haut du clocher du lycée, sur un parapet d’une dizaine de centimètres de large. Le haut de la tour n’est pas très grand, avec juste une petite plate-forme en béton tout autour de la cloche, cerné d’un muret de pierre que j’ai enjambé pour venir ici. De temps à autre, je cogne ma jambe dedans afin de me rappeler qu’il est bien là.

J’ai les bras écartés, comme si je faisais un sermon et que cette ville moyenne et morose était ma paroisse. Je crie :

– Mesdames, messieurs, je vous souhaite la bienvenue à ma mort ! 

On pourrait espérer que j’aie davantage envie de vivre, vu que je viens de me réveiller et tout, mais c’est seulement quand je suis éveillé que je pense à la mort. »

Tous nos jours parfaits – Jennifer Niven, 2015

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Le synopsis :

« Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut de la tour du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais, neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissé submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante : l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir. »

L’autrice :

Jennifer Niven est une écrivaine. Après avoir grandi en Indiana, elle vit désormais à Los Angeles. Scénariste de renom, elle a longtemps travaillé pour la célèbre chaîne de télévision américaine ABC avant de se consacrer à temps plein à l’écriture en 2000.

Après moult recherches sur l’expédition du Karluk, elle écrit Pris dans les glaces (de son titre d’origine : « The Ice Master », 2000), son premier livre, qui figure au classement des meilleures ventes de l’année d’Entertainment Weekly.

Tous nos jours parfaits (« All the Bright Places », 2015) est le premier roman de Jennifer Niven pour les jeunes adultes, mais elle a écrit quatre romans pour adultes dont la série « Velva Jean » : American Blonde (2014), Becoming Clementine (2012), Velva Jeans Learns to Fly (2011) et Velva Jean Learns to Drive (2009) ; ainsi que trois ouvrages de non-fiction Pris dans les glaces (« The Ice Master », 2000), Ada Blackjack (2003) et The Aqua Net Diaries (2009). Les mille visages de notre histoire (« Holding Up the Universe« ) est paru en 2016.

Si le roman vous intrigue, voici la bande-annonce de l’adaptation cinématographique de 2020 :

Vous souhaitez découvrir plus d’articles sur les premières lignes de livres divers et variés ? Voici la liste des blogueurs et blogueuses qui participent à ce rendez-vous livresque :

• Lady Butterfly & Co
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Ladiescolocblog
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• Le parfum des mots
• Ju lit les mots
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les paravers de Millina
• Mon P’tit coin de lectures
• Critiques d’une lectrice assidue
• sir this and lady that
• Livres en miroir
• 4e de couverture
• Les lectures de Marinette
• Chat’pitre
• Les Lectures d’Emy

Valériane, alias filledepapiers🤍


2 réflexions sur “Premières lignes #10

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