Premières lignes #17

Ami.e.s lecteur.ice.s, bonjour/bonsoir, j’espère que vous allez bien !

Cette semaine, j’avais envie de vous partager les premières lignes d’un thriller qui a, récemment, atterri dans ma pile à lire et qui attise ma curiosité ! Sur ce, je ne vous en dis pas plus et je vous souhaite une bonne lecture…

Premières lignes est un rendez-vous littéraire instauré par le blog Ma Lecturotèque.

Premières lignes :

« La prison de Limehouse, vous l’imaginez, est un endroit horrible. Sauf que non, vous ne pouvez pas vous l’imaginer, pas vraiment. Contrairement à ce qui est écrit dans les journaux, il n’y a ni consoles de jeux ni télés à écran plat. Il n’y a pas non plus de franche camaraderie, pas de sororité – l’ambiance est plutôt fébrile, le niveau sonore excessivement élevé, et on a toujours l’impression qu’une bagarre est sur le point d’éclater. Depuis le début, je tâche de faire profil bas. Je reste dans ma cellule autant que possible, en dehors des repas, qu’on pourrait au mieux qualifier de mangeables, et m’efforce d’éviter ma « coloc », comme elle a la fâcheuse tendance à vouloir se faire appeler.

Kelly est du genre à aimer « bavarder ». Le jour de mon arrivée, il y a quatorze longs mois, elle s’est assise sur mon lit et m’a serré le genou du bout de ses ongles interminables avant de me dire qu’elle savait ce que j’avais fait et qu’elle trouvait ça génial. J’ai été agréablement surprise d’entendre ces éloges, par rapport au déferlement de violence auquel je m’étais attendue en passant les portes inquiétantes de cet endroit miteux. Ah, ce que je pouvais être naïve, moi qui ne connaissais de la prison que ce que j’en avais vu dans une série télé à petit budget. Depuis, Kelly me considère comme sa nouvelle meilleure amie et, pire encore, elle tire une grande fierté d’être ma compagne de cellule. Au petit déjeuner, elle me saute dessus pour me prendre par le bras et me parle tout bas comme si nous échangions des confidences. Je l’ai entendue discuter avec des détenues et leur chuchoter que je lui avais raconté mon crime en détail. Elle veut être influente et respectée des autres filles et, s’il y a bien quelqu’un qui peut l’y aider, c’est la tueuse de Morton. C’est extrêmement pénible.

J’ai dit que Kelly se targuait de tout savoir sur mon crime, mais ça dévalorise peut-être mes actes. Je trouve le mot « crime » médiocre, grossier et banal. Le vol à l’étalage, c’est un crime. Rouler à cinquante dans une zone limitée à trente en allant s’acheter un latté tiède avant une nouvelle journée maussade au bureau, c’est un crime. Ce que j’ai fait est plus ambitieux. J’ai échafaudé et exécuté un plan complexe et minutieux dont les origines remontent à bien avant les circonstances désagréables de ma naissance. Et vu le peu qu’il y a à faire dans ce cachot laid et insipide (une psy malavisée m’a un jour suggéré de participer à un atelier d’improvisation poétique et je me félicite que la simple expression de mon visage lui ait fait comprendre de ne plus jamais émettre de propositions de ce genre-là), l’idée m’est venue de raconter mon histoire. »

Comment j’ai tué ma famille – Bella Mackie, 2022

Le synopsis de l’éditeur :

« 1. Tuer ma famille
2. Réclamer leur héritage
3. M’en sortir
4. Adopter un chien
Telle est la liste des priorités de Grace Bernard, anglaise, vingt-huit ans, des Louboutin aux pieds. Sauf que, en ce moment et à son grand regret, elle arbore plutôt l’uniforme terne et plastique de la prison de Limehouse. Comme quoi, planifier l’assassinat de chacun des membres de sa famille dès le tendre âge de treize ans n’est pas toujours gage de réussite. Et franchement, se voir condamner pour un meurtre que l’on n’a pas commis lorsqu’on en a mené à bien six autres, cela manque un peu de panache. Mais pas question pour Grace de se coltiner sa pénible compagne de cellule jusqu’à la fin des temps : elle compte bien l’emporter en appel et, d’ici là, quelle meilleure manière de s’occuper que de coucher son histoire sur le papier ? Même si, bien sûr, personne ne la lira. Rappelez-vous les points 2 à 4.

Avec ce premier thriller pétri d’humour noir, Bella Mackie dresse le portrait d’une génération luttant, à sa manière, contre les injustices qui lui sont faites. Un récit jubilatoire, et surtout, une lecture inoubliable. »

L’autrice :

Depuis toujours, Bella Mackie nourrit une passion pour les véritables histoires criminelles – si bien que pour ses neuf ans, son père lui a offert un abonnement à True Crime Magazine. Elle est devenue journaliste pour le Guardian, pour Vogue et pour Vice. Désormais installée à Londres où elle vit avec son mari et leur chien, Barney, elle a décidé de franchir la frontière entre lectrice et autrice, d’abord avec son récit à succès Jog On: How Running Saved My Life, puis avec ce premier roman : Comment j’ai tué ma famille.

Vous souhaitez découvrir plus d’articles sur les premières lignes de livres divers et variés ? Voici la liste des blogueurs et blogueuses qui participent à ce rendez-vous livresque :

• Lady Butterfly & Co
• Cœur d’encre
• Ladiescolocblog
• Aliehobbies
• À vos crimes
• Le parfum des mots
• Ju lit les mots
• Voyages de K
• Prête-moi ta plume
• Les paravers de Millina
• sir this and lady that
• 4e de couverture
• Les lectures de Marinette
• Chat’pitre
• Les Lectures d’Emy
• Critiques d’une lectrice assidue

Valériane, alias filledepapiers🤍


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